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L'Art-Déco à Valenciennes

Par Jean Patrick Leroy

La dénomination Art-Déco ne remonterait qu'aux années 60, désignant le courant stylistique en architecture et arts décoratifs prévalant donc de 1918 à 1940. Mais nombre de réalisations postérieures à la deuxième guerre mondiale sont manifestement d'esprit Art-Déco (exemple, la pharmacie de la place du Hainaut) alors que d’autres de style Art-Moderne, donc en principe années 50- début 60, datent en réalité des années 30.

Il est souvent dit que l’Art Déco est né d’un désir de simplicité en réaction aux lignes organiques exubérantes de l’Art nouveau. Mais pour d'autres, et à l’inverse l’Art Déco serait une réaction au style   International, dépouillé à l'extrême, tout en angles droits acérés, hostile à toute manifestation décorative, et apparu vers 1910 ou un peu avant. On peut supposer que les deux interprétations ont leur part de vérité.

L'Art-Déco le plus typique associe lignes et décors géométriques à des éléments de sculpture stylisés. Les lignes « organiques » ont disparu. L'exemple le plus caractéristique que je connaisse dans le Valenciennois est la façade du théâtre d'Anzin. Deux éléments spécifiques, (les médecins diraient deux signes pathogomiques) : l'arc à pans et le bouquet de roses stylisées, en corbeille ou en vase, souvent dans les ferronneries (cependant les ferronneries bien ouvragées, garde-corps et grilles de porte, fréquents en général, sont rares à Valenciennes). Les panneaux en bas reliefs de fleurs stylisées sont eux aussi spécifiques, ainsi que les appuis de fenêtre polygonaux, arrondis ou à console. Autre élément, le bow-window (bloc en avant sur la façade portant des fenêtres), apprécié par l'Art-Nouveau, puis l'Art-Déco.

Le XXième siècle est riche en tendances. Si un style résolument « contemporain » d'aspect apparaît dès ses premières années, certains construisent encore en « Beaux-arts » ou « Eclectique » pendant plusieurs décennies (tel le 110 rue de Famars millésimé 1922).

On a bien des difficultés à démêler Style International, Bauhaus, Modernisme, Art-Déco, tous plus ou moins mâtinés d'Expressionnisme. Les « hybrides » sont légion. Cela explique qu'on inclut dans le groupe Art-Déco une masse de constructions et objets qui ont un « parfum » Art-Déco tout en en étant, formellement, éloignés. De plus on a beaucoup fait, suivant l'esprit XIXième, dans le « néo Art-Déco », néo-roman, néo-gothique, néo-flamand, néo-basque …

La rupture avec les architectures issues du XIXième siècle se situe aussi dans les matériaux. On passe ainsi d'une prédilection pour pierre ( ± brique ) et fer à une utilisation généralisée du béton armé et brique ( ± pierre ), et fins profilés d'acier pour les huisseries (hélas souvent remplacées par des menuiseries banales).

Parfois ce ne sera qu'un décor de ciment plaqué sur une façade ancienne tels les 13 à 17 rue Ferrand.

Contrairement à Cambrai où l’Art Déco est très présent en centre ville suite aux sévères destructions de la première guerre mondiale, la majorité des réalisations valenciennoises se situent au-delà des boulevards. Les rues Fleurie et de l'Abbé Delbecque, ar exemple, en comptent quelques dizaines tout à fait remarquables, bien que peu connues et non protégées.

Jean Patrick Leroy

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Avenue de Villars

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Boulevard Watteau


Date de création : 07/11/2013 @ 08:31
Dernière modification : 10/11/2013 @ 21:13
Catégorie : Rubriques - Dossiers valenciennois
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