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L'Hôtel de Carondelet se trouve au 10 Place Verte, juste à côté du Mont de Piété

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Vers 1435 : Propriété de la seigneurie de Potelles, on ne retrouve trace que d’une maison isolée beaucoup plus petite et basse de 6 x 6 m au sol. Le bas des murs de cette construction existe toujours et se trouve à environ 1m sous le sol actuel. Cette maison avait un RdC + étage d’une hauteur équivalente à l’actuel RdC + 1m. L’ancien étage était en encorbellement et la trace des deux fenêtres de l’ancien étage est encore visible. Cette maison était à toiture sur double pignon.

De 1435 à 1455 : Une seconde maison identique à la première est construite au nord. Adossée à cette dernière, on retrouve trace d’un immeuble bâti en longueur et donnant sur la place Verte suivi de deux autres petites maisons.

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1455-1460 : Probablement à la suite d’un incendie l’ensemble est remanié et le n°10 prend sa volumétrie actuelle tout en gardant ses deux fenêtres sur place au RdC, devenues fenêtres d’entresol. Le mur de façade est mis au droit de ces fenêtres et la porte d’entrée projetée sur cette nouvelle façade dans l’alignement de son ancienne situation. L’étage et la toiture sur pignons actuelle sont édifiés à cette époque et l’entrée murée. Les fenêtres de l’entresol devaient alors être surmontées d’arcs en accolades et celles de l’étage d’arcs brisés. Elles étaient toutes pourvues de meneaux de pierre, verticaux pour les ouvertures de l’entresol, verticaux et horizontaux à l’étage. La largeur d’ouverture des fenêtres de l’étage mesurait 50cm de moins que de nos jours et le meneau vertical avait 25cm de section. L’ensemble des maisons est réuni pour constituer une extension de l’Hôtel de Potelles dont certains témoins ont été inclus dans la construction du Mont de Piété. L’ensemble des bois anciens du n°10 date de cette époque. Les pignons étaient très probablement de type « pas de moineau ».

1491 : La seigneurie est achetée par Jean VI de Carondelet (1428-1501), grand chancelier de l’empereur Maximilien d’Autriche et protecteur du philosophe Erasme.

1524 : Son fils, Jean VII, archevêque de Palerme, président du conseil permanent de Flandre y reçoit l’empereur Charles Quint, ce qui donne lieu à la modification de la décoration des façades et mise en place des voûtes conformément aux préceptes de la Renaissance prônés par les architectes italiens Brunelleschi puis Serlio. L’escalier et la voûte sur hall correspondent à cette époque tout comme le percement des deux fenêtres sur cour au RdC, à l’origine pourvues de meneaux de pierre en double travée et d’un clavage droit. L’Hôtel de Carondelet est dès lors constitué et deviendra un lieu de réception très en vue pour les célébrités et têtes couronnées de passage à Valenciennes. La famille de Carondelet a donné de nombreux ambassadeurs un peu partout en Europe et au XVIIème siècle, Hector François Louis de Carondelet est devenu gouverneur de la Floride et du Missouri puis de l’Equateur. Jusqu’à il y a peu, la présidence de la république de l’état de l’Equateur siégeait encore, à Quito, dans le Palais de Carondelet.

1566 : L’empereur Charles Quint est probablement revenu en ces lieux accompagné de son fils, le futur roi Philippe II d’Espagne, à l’invitation de Jean VIII de Carondelet.

1621 : L’archiduc Albert de Habsbourg et l’infante Isabelle d’Espagne séjournent ici au moment de la signature de l’acte de vente de la propriété qui, à partir de 1625 deviendra le logement des surintendants du Mont de Piété, lequel est construit de 1621 à 1625 sous la conduite de l’architecte Wenceslas Cobergher surnommé le Léonard de Vinci des Flandres. Afin de pouvoir permettre le passage vers le Mont de Piété, le départ de l’escalier menant au second étage est modifié et un garde corps couvert d’anciennes pierres de pas de moineaux est mis en place. Le pignon sur place est alors décoré d’une moulure à volutes et pilastres en remplacement d’un pignon à pas de moineaux. Le démontage du pignon arrière date probablement de cette transformation. Isabelle y reviendra en 1625.

1625-1803 : L’hôtel de Carondelet va loger les surintendants du Mont de Piété. Le plus connu d’entre eux sera le dernier, le faïencier Charles Lamoninary, nommé à ce poste par son ami Gabriel Sénac de Meilhan (1736-1803), intendant de Valenciennes en 1775 et très proche de la cour royale.Les scellés furent apposés le 5 septembre 1794 et par arrêté préfectoral du 1er avril 1803 est autorisée l’ouverture du Crédit Municipal qui entrera réellement en fonction le 26 septembre 1803.

1803-1843 : Le 8 novembre 1802 le maire de Valenciennes loue l’Hôtel de Potelles aux termes d’un bail emphytéotique d’une durée de 99 ans signé le 8 novembre de la même année à Madame Veuve Françoise. Un an et demi plus tard le Crédit Municipal en louait à Madame Paymant une partie (le n°10 pour loger le Directeur du Crédit Municipal. Le logement du Directeur avait été aménagé aussi sur une partie du n°12 (Mont de Piété). Le n°10 n’avait alors plus de porte donnant sur la place ; on entrait donc par le n°12. Cependant, sur cette façade, l’élimination de la fenêtre Gothique la plus à droite au Rez-de-chaussée et le creusement des deux baies actuelles remonte à cette époque ainsi qu’en attestent les cintres sur clavage toujours présents sous les lambrequins. Sur ce même niveau et à cette époque, on retrouve aussi mention de l’élimination « d’excroissances disgracieuses » correspondant très probablement aux vestiges de la décoration de la fenêtre Gothique de gauche qui, elle, et selon toute vraisemblance, a perduré jusqu’au percement de la porte actuelle du n°10 en 1843. 1803 est aussi l’année où sont installées à l’étage comme au RdC des foyers de cheminées. Au même moment, les meneaux des fenêtres sur cour disparaissent et le clavage de ces dernières est retaillé dans le gout de l’époque. Enfin, 1803 correspond aussi au style des boiseries des fenêtres de l’étage et du pignon sur place et à la mise en place des rampants de brique sur le pignon côté place.

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1843-1901 : En 1843 le logement du directeur est réaménagé dans le seul immeuble inauguré en 1625 (le n°12) et la famille Paymant procède à de nombreux travaux de remise en état : création de deux pièces dans le séjour au Rez-de-chaussée dont une, côté cour, au plafond surbaissé d’environ 1m, mise en place de plafonds faisant disparaître toute trace de la poutraison ouvragée, suppression du foyer de la cheminée du Rez-de-chaussée et remplacement par deux foyers en marbre noir sur conduit unique, remplacement des fenêtres sur place au Rez-de-chaussée par les boiseries actuelles complètement anachroniques, mise en place de faux plafonds partout où des éléments anciens ne devaient plus être visibles, séparation en deux parties de la grande chambre de l’étage … et passage de l’une à l’autre par un couloir faisant partie du n°8. Aucun autre entretien n’a alors été effectué depuis 1843 et le Crédit Municipal voyant venir l’expiration du bail, confie à l’architecte Paul Dusart le soin de réaliser un devis de réhabilitation complète de l’immeuble. Ce devis porte la seule description connue de l’organisation initiale de la façade d’étage sur cour : le symétrique parfait en briques et pierres de ce qui se trouve au même niveau côté place.

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1901-1912 : En 1901 le n°10 est très proche de son aspect actuel et l’ensemble constitué avec le n°8 garde toutes ses proportions et témoins d’époque médiévale. Cette même année, le n°8 est vendu à Eugène Cellier entré peu avant au Conseil d’Administration du Crédit Municipal qui en fera la « Maison Cellier » dont la façade d’inspiration néo-gothique en ciment aux décorations pas toujours appropriées faisant disparaître à jamais, à l’exception du portail, tout signe distinctif authentifiant l’époque de construction était aussi l’œuvre de Paul Dusart. Pendant ce temps, le Crédit Municipal loue le n°10 … avec sa servitude de passage par le domicile de M. Cellier pour accéder à l’une des deux chambres de l’étage. Eugène Cellier tente en vain de revendiquer la propriété de la chambre accessible de chez lui mais obtient l’autorisation d’en décorer la fenêtre à l’identique de sa façade. Fort heureusement, ce dernier ne passera pas aux actes et, finalement, il achète le n°10 le 22 avril 1912 pour y installer trois appartements.

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1912-2010 : L’immeuble est occupé par des locataires et donne toujours par l’arrière sur le parc délimité à l’époque de la famille de Carondelet. La famille Cellier percevra les loyers jusque vers 1957, année de disparition de Madame Veuve Cellier –Lefebvre qui laisse le bien à trois conduisant inévitablement à la mise en vente de l’ensemble. L’un des trois héritiers est le physicien Joseph-Marie Kampé du Feriet (1893-1982) licencié es-sciences de l’Université de Paris La Sorbonne et premier directeur de l’Institut de Mécanique des Fluides de Lille. Les deux maisons Cellier sont proposées à la Ville de Valenciennes en vue de les rattacher au Mont de Piété fermé depuis 1947 pour en faire une annexe du Musée des Beaux Arts, l’offre de rachat est déclinée par décision de Conseil Municipal du 30 septembre 1960 à laquelle le Maire (Pierre Carous) s’est abstenu. Le n°10 est vendu à la bougie le 28 novembre 1960 à M. Tailly qui en confie l’usufruit à M. Paul Raoul Plichart qui reconstruit l’étage de la façade sur cour avec les moyens du bord. Cette reconstruction a laissé place en 2010 à l’élévation réalisée sur ordre de l’actuel propriétaire.

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Photos Thomas Cybertowicz

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Le mont de Piété vu de l'arrière de l'Hôtel de Carondelet

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Date de création : 10/09/2013 @ 13:49
Dernière modification : 30/07/2014 @ 19:43
Catégorie : Rubriques - Monuments historiques
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