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DENSIFICATION, QUAND TU NOUS TIENS !

      A plusieurs reprises notre association s’est inquiétée de la fragilité des jardins et leur propension à disparaître (cf. notre AG du 28 octobre 1993 « Promenade dans les jardins privés de Valenciennes » et celle du 23 octobre 2003 « Les jardins de Valenciennes ou la guerre de l’espace »).
     
      Le sujet est d’une constante actualité et « refleurit » régulièrement.
     
      En septembre 2006, un groupe de riverains de la rue de l’Atre de Gertrude s’est publiquement ému de la construction de 180 logements (cf. L’observateur du Valenciennois du 22/09/06 « La Rhônelle gronde ») répartis sur quatre sites dont deux particulièrement verdoyants. Interrogé par les journalistes, Mr l’adjoint à l’urbanisme expliquait la nécessité de densifier le territoire communal. Selon lui, les derniers recensements démontrent que la population augmente (2.000 habitants en 3 ans) ; la demande de logements est donc importante. Il est par ailleurs indispensable de rentabiliser les infrastructures et dépenses d’investissements consenties par la Ville. Enfin, construire en ville permet d’éviter son extension au détriment des terres agricoles environnantes tout en éliminant des friches.
     
      Présentée ainsi, la densification c’est la panacée !
      Oui, mais…
     
      Petit retour en arrière : dans les années 1970 nos chers aménageurs nous avaient déjà expliqué qu’il fallait densifier le centre ville. Selon eux, de nombreuses zones insalubres enlaidissaient Valenciennes et faisaient obstacle à son développement. Résultat : les quartiers Edmond Guillaume et Saint Jacques totalement rasés (plus d’une centaine d’immeubles), les résidences des Dentellières, Simon Leboucq, Saly et Valclair se sont élevées, rejointes quelques années plus tard par la résidence Harpignies (avenue Clémenceau). S’agissant d’intégration, on aurait pu faire mieux ; s’agissant de la mise en valeur du Patrimoine, on ne pouvait faire pire !
    
      On l’a compris, la densification a ses limites.
    
      Il n’est certes pas contestable que le grignotage des terres agricoles par l’extension des banlieues pose un sérieux problème qui cependant ne concerne pas exclusivement l’aspect résidentiel : les implantations multiples de grandes surfaces, de zones d’activité et de rocades sont dévoreuses d’espaces. Une réflexion globale doit être menée. Mais une ville n’est pas un silo dans lequel on devrait entasser un maximum d’habitants sur un minimum de surface. S’il est évident qu’une ville au sens européen du terme n’est ni une forêt ni une campagne, elle n’est pas davantage un simple agrégat de constructions. Constituées progressivement au fil des siècles, nos cités se composent de bâtiments publics, d’espaces publics, de bâtiments privés et d’espaces privés. Ces éléments se conjuguent entre eux et donnent à la ville sa physionomie propre. N’en déplaise à certains, le milieu naturel n’a pas à être exclu de la ville. Pré-existant à la ville, il en a déterminé au moins partiellement la configuration : courbes de niveau, cours d’eau…Les aménagements urbains se sont adaptés au milieu. Nier cette réalité est faire preuve de bien peu d’humilité. Puis nos prédécesseurs, bien que grands constructeurs, se sont toujours réservés des espaces non bâtis même à l’intérieur des enceintes fortifiées où la densité était pourtant forte. D’abord caractéristiques des hôtels seigneuriaux et des communautés religieuses , les grands jardins se sont morcelés.
    
      Même lors des opérations de reconfiguration qui ont suivi le démantèlement des fortifications, une part importante des surfaces dégagées et loties a été consacrée aux jardins. Cette continuité dans la conception de la ville est menacée si la densification n’est pas raisonnée.
    
      Affirmons-le : un jardin n’est ni une friche, ni un terrain à bâtir. Le jardin privé, même caché derrière de hauts murs, assure des fonctions propres qu’il importe de ne pas méconnaître. Certes le propriétaire du jardin est le premier à en jouir, mais il est rare qu’un jardin ne soit pas perceptible de la rue (espace public) ou d’autres immeubles environnants (pluralité d’habitants). Par ses débordements physiques ou visuels (plantes grimpantes ou descendantes, arbustes, arbres) le jardin privé tient une place dans la ville. Il crée une respiration dans les alignements et met en valeur l’architecture. Voilà pour l’aspect esthétique.
    
      Mais n’oublions pas la fonction écologique. Les jardins de centre ville constituent de petits îlots permettant la présence de certaines espèces animales et végétales. Chaque disparition de jardins les fait reculer. Enfin la qualité de l’air ne pourra que se trouver améliorée par leur maintien. Alors, densifier ? Oui, mais pas à n’importe quel prix.
    
      Construire 150 logements sur une friche industrielle rue de la Digue n’est pas choquant (pourvu qu’un minimum de plantations y soit prévu) ; mais construire 20 logements dans un jardin de centre ville n’est plus admissible.
    
      « Un élu doit tirer la sonnette d’alarme quand il est temps » ; sur la ville l’ensemble des permis de construire dépasserait aujourd’hui le nombre de 1.500. « C’est trop et ce n’est pas sain ». Ainsi s’exprimait Monsieur le Maire de Valenciennes à l’issue du conseil municipal du 27 septembre 2007 (cf. La Voix du Nord du 2 octobre 2007).
    
      Alors, de grâce Monsieur le Maire, protégez nos jardins.

J. GUILLEMINOT

Date de création : 30/12/2010 @ 16:46
Dernière modification : 30/12/2010 @ 17:05
Catégorie : Rubriques - CSPV
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