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L'Hôtel du Greffier des Werps, appelé encore Hôtel Floréal, situé au 56 rue de Paris, est un peu dans l'actualité en 2018...

Le permis de démolition du hangar qui se trouve dans la cour au niveau du cours de l'Escaut vient d'être accordé, et la tapisserie du Tournoy dont on parle beaucoup actuellement a séjourné dans le Greffe des Werps...!

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Photo Anthony Styevko

Vois deux articles concernant ce bâtiment :

  • Une conférence de Monsieur Paul Lefrancq, bibliothécaire de la Ville de Valenciennes, en novembre 1950 (Document de la Bibliothèque Municipale de Valenciennes Côte 418415).
  • Une description du Bâtiment par l'étude de Maître Jean Carpentier, notaire à Valenciennes.

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L’Hôtel du Greffier des Werps

à Valenciennes

Conférence de Monsieur Paul Lefrancq

Bibliothécaire de la ville de Valenciennes

Novembre 1950

Bibliothèque Municipale de Valenciennes

Côte 418415

Résumé de la conférence :

Le 31 janvier 1946 un arrêté ministériel inscrivait à l’inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques classés un immeuble sis à Valenciennes et ainsi décrit : Façades et toitures de l’aile sur la rue et de l’aile sur la cour, Grande Salle à manger au rez de chaussée du bâtiment sur cour, y compris les boiseries qui la décorent, de l’Hôtel Floréal, 56 rue de Paris.

Bien que cette très sommaire description ne donne pas la date de l’immeuble, les photographies qui accompagnaient le dossier déposé au Ministère ne pouvaient laisser aucun doute, tandis que l’aménagement intérieur : boiserie de la grande salle à manger du rez de chaussée du bâtiment sur cour visées par l’arrêté de 1946 et aussi bien les boiseries des deux alcôves du premier étage du bâtiment sur la cour et du bâtiment en façade, omises par le dit arrêté, accuse nettement le style de la fin du XVIIIème siècle, la façade et les toitures de l’aile sur rue et de l’aile sur la cour se rattachent incontestablement de l’architecture des toutes premières années du même siècle. Au demeurant un cartouche ovale allongé sur l’horizontale, inscrit sur le fronton triangulaire qui surmonte la porte principale du bâtiment sur cour porte ostensiblement la date de 1712.

Cet immeuble fut construit par Adrien Desfontaines de Frasnoy, diplômé licencié es loix, pourvu d’une charge, greffier des Werps, charge héréditaire qu’il avait achetée aux héritiers de Pierre Charles Volckerick.

Les Werps, sorte de tabellionnage municipal, conservaient au greffe des actes privés remontant au XIIIème siècle mais ils avaient un peu perdu de leur importance depuis l’institution par Louis XIV en 1678 de quatre notaires royaux. Le greffe des Werps n’en reste pas moins qu’à sa suppression à la Révolution un office d’un excellent rapport. Les bureaux du greffe occupaient un important local municipal dont une des salles fut jusqu’à la Révolution ornée par une magnifique tapisserie ancienne dite « du tournoi ».

Au recensement de 1713, au moment où est établi le rôle de 1714, nous trouvons Adrien Joseph Desfontaines de Frasnoy installé rue Derrière les Récollets (depuis rue de Paris) sur un emplacement inoccupé depuis 1699 (deux petites maisons neuves sans occupants en 1699) qui ont sans doute été abattues pour faire place à l’important édifice qui nous intéresse. Quand le gros œuvre est achevé, il est daté du millésime gravé 1712 et Adrien Joseph Desfontaines de Frasnoy y fait graver entre chaque fenêtre du rez de chaussée son monogramme en entrelacs doubles DF.

Le monogramme, remarquable de finesse et de netteté n’a pu être exécuté que par un habile ornemaniste. Le nom d’Antoine Pater, maître sculpteur, vient d’autant plus naturellement à l’esprit qu’en 1723 Antoine Pater avait épousé une parente des Desfontaines.

Si on sait maintenant qui a fait construire la maison, on ne sait pas qui l’a construite. Mais on peut penser que l’architecte le plus connu de l’époque à Valenciennes, Jacques Étienne Berteau, avec qui la famille Desfontaines ne pouvait manquer d’être en relations, un cousin germain de notre greffier des Werps, Adrien Gabriel Desfontaines échevin aux ouvrages de la ville en 1698 ayant été forcement en rapport avec lui.

En 1782, la maison de la rue Derrière les Récollets est rachetée par un capitaine de cavalerie originaire de Condé sur Escaut, Charles Eugène Pierre Rault de Ramsault. C’est certainement à cette date qu’il faut assigner l’exécution des boiseries sculptées de la grande salle à manger. Celles des alcôves étant probablement d’une date un peu postérieure et d’une main différente. IL est vraisemblable que la commande ait été confie à un artiste local, plusieurs noms pourraient être avancés dont celui de Pierre Joseph Gillet. Ce qui est certain c’est que les motifs décoratifs ont beaucoup d’analogie avec d’autres décorations d’intérieurs d’hôtels particuliers de la même époque à Valenciennes. Nous pouvons nous faire une idée de ce que devait être cet intérieur à la veille de la Révolution, à la lecture de l’inventaire des objets d’art qui furent délaissés par Monsieur de Ramsault lorsqu’il quitta Valenciennes le 31 décembre 1794 pour ne revenir qu’à la fin 1815.

Des Watteau en assez grand nombre, mais aussi la série gravée des vues de ports de France, des Vernet, un portrait de Benjamin Franklin, l’histoire philosophique de Raynal avec les gravures de Moreau Eugène, etc.

Cette maison devenue bien d’émigré est achetée par Monsieur Dumonceaux qui la revendit en 1799 à Monsieur Duliège, payeur général, natif d’Amiens.

Le 19 mars 1805, la maison est vendue à Monsieur Albert Joseph dubus qui n’occupa pas lui même la maison mais la loua.

La famille de Ramsault dépossédée depuis l’an XI (1802-1803) réapparaît à la fin de 1815 à Valenciennes comme locataire de la maison dont elle avait été propriétaire avant la Révolution, à compter du 25 décembre 1815 on lui fait un bail de 18 ans.

Après le décès de Monsieur Ramsault, la maison est habitée successivement en 1828 par Monsieur Cailleau, banquier, jusqu’en 1856 et Monsieur Dècle, la rue Derrière les Récollets ayant pris le nom de la rue de Paris.

En 1857, un voisin Monsieur Duquesnoy-Despinoy, propriétaire rentier se rendit acquéreur de la maison qui revint en héritage en 1881 à Monsieur Amédé Bultot, maire de la Ville de Valenciennes de 1871 à 1892 et son fils Monsieur Louis Bultot l’habita jusqu’à son décès en 1917. Sa venve Madame Louis Bultot et ses filles en sont à l’heure actuelle les propriétaires.

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Description faite par l’étude de Maître Jean Carpentier, notaire à Valenciennes :

(la date de cette description n’est pas précisée)

Très bel Hôtel Particulier de style Louis XIV (1712) sis à Valenciennes rue de Paris n° 56

Désignation

L’entrée sur la rue de Paris est fermée d’une porte cochère à deux vantaux donnant accès à un porche ouvert sur le jardin par trois grandes arcades.

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L'entrée sur la rue de Paris, vue de l'intérieur, un jour de braderie

Photo Alain Cybertowicz septembre 2014

Le sol de ce porche est pavé de dalles régulières en grès.

Un grand bâtiment allant de la rue jusqu’à proximité du fonds de la propriété comprend l’habitation proprement dite.

Ce bâtiment ayant une ordonnance architecturale ornementée de style Louis XIV, a son entrée éclairée au centre par une jolie lanterne.

Les grands appartements de réception se décrivent comme suit :

Rez-de-Chaussée

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Photo Alain Cybertowicz septembre 2014

Vestibule d’entrée

La porte est à petits bois losangés de verres marguerite.

Le carrelage est en dalles de marbre blanc et noir avec plinthes en marbre rosé.

La rampe d’escalier est en fer forgé ornementée de spirales.

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Photo Alain Cybertowicz septembre 2014

La cage est peinte en imitation de pierre avec panneaux de marbre.

L’escalier en chêne est à paliers.

Salon Blanc Louis XV

Boiseries sculptées, peintes en blanc, avec deux glaces en angle se prolongeant jusqu’à la plinthe au sol. Une glace de trumeau et une glace de cheminée. Les panneaux sont d’étoffe rosée : quatre sujets d’enfants, ton rosé, forment ovales au dessus des deux glaces d’angle et des deux portes.

Le plafond est à trois compartiments séparés par deux sommiers. Il est ornementé en frises.

La cheminée est brèche blanche veiné avec foyer en dalles de marbre à compartiment.

Le parquet est à grandes lames de chêne.

Les crémones des fenêtres sont finement ciselées.

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Photo Alain Cybertowicz septembre 2014

Grand salon Louis XVI

Ce grand salon, prenant jour sur le jardin par trois grandes fenêtres, est entièrement lambrisé sur toute la hauteur de trois faces. La dernière face est lambrisée en soubassement.

Les quatre grandes portes à deux vantaux sont finement sculptées et surmontées de médaillons Louis XVI représentant des amours.

L’ensemble forme un travail de boiseries d’époque Louis XVI remarquable et exceptionnel.

Les entre-fenêtres sont garnis de grandes glaces.

La cheminée, en marbre gris, a son intérieur en plaques émaillées vert et est surmontée d’une glace prise dans l’ensemble des boiseries.

Le parquet, en chêne, à point de Hongrie, est bordé frisé au pourtour.

Salle à manger

Le plancher en chêne est à lames.

La tapisserie est en imitation cuir à fleurs.

Le mur au fond est lambrisé et contient deux placards garnis de rayons. Une porte au centre donne accès au quartier des cuisines.

Un lambris en soubassement court sur les trois autres faces.

La cheminée, à consoles, en marbre gris est surmontée d’une glace bisautée entourée d’un cadre en chêne avec fronton portant initiales.

Les deux appuis-de-fenêtre sont en marbre gris.

Antichambre

Une antichambre réunit la salle à manger ci-dessus au vestibule de la cuisine et au vestiaire.

Bureau sur rue

Les murs sont garnis de panneaux formant cadres dont l’intérieur est en papier de tentures.

La porte, à deux ventaux, est surmontée d’un panneau sculpté avec rond saillant ornementé ayant fleurs peintes à l’intérieur.

La cheminée est en marbre gris-noir.

Couloir desservant la cuisine

Le sol est en céramique. La cage de l’escalier de service y accède.

Cuisine

Carrelage octogonal étoilé.

Cheminée en marbre noir.

Contre la fenêtre se trouve un fourneau en brique, dit potager, à six places avec dessus en carreaux rouges et encadrement de fonte et grilles de foyers.

Dans un angle existe un four à pain en maçonnerie surmonté d’une armoire.

Les murs sont garnis en soubassement de carreaux en céramique blancs et bleus. Un petit placard se trouve d’un côté.

Laverie

La laverie contient un évier en pierre poire polie.

Premier étage

Grande chambre au dessus du salon

La cheminée est en marbre rouge Louis XV avec grande glace à cadre brun et or. Le plancher est en chêne.

Un cabinet de toilette est attenant.

Autre grande chambre

Le plancher est en chêne, la cheminée en marbre rouge.

Le coffre de cheminée, en bois peint, à angles ronds sculptés encadrant une glace, rejoint à droite un petit placard.

Le fond de la pièce est garni d’un bel ensemble d’alcôve à façade ornée de boiseries finement sculptées. Le centre est encadré de deux portes à guirlandes avec ovales ornés au dessus.

Chambre

Une troisième chambre termine le bâtiment de ce côté.

Grande chambre à droite

Le mur du fond porte un bandeau sculpté avec au centre un sujet représentant deux colombes ; le tout est accompagné de deux petites portes vitrées de six carreaux qui donnent accès l’une à un cabinet de toilette, l’autre à un escalier de service.

La cheminée, en marbre rouge veiné de blanc est surmontée d’un coffre et boiserie avec glace.

Cette pièce est garnie sur murs en soubassement d’un lambris en bois.

Petit vestibule

Dans un couloir adjacent se trouve un poste d’eau avec armoire et cabinet d’aisance.

Salle de Bains

Chambre sur rue

Cheminée de style Louis XV en marbre « Sainte-Anne »

Chambre sur rue et sur cour

Entièrement lambrisée de boiseries sur les murs avec une grande alcôve sculptée.

La cheminée de style Louis XV est en marbre « Sainte-Anne »

Deux cabinets de toilette

Ces cabinets sont entièrement boisés.

Chambre sur Cour

Cette chambre desservie par l’escalier de service est lambrisée sur un mur. La cheminée est en bois et le trumeau comporte une peinture : « Des amis chez une violoniste ».

Grenier avec mansarde

Caves

Chauffage central à l’air chaud

Cour de cuisine

Sortie rue Emile Durieux

Garage

Serres et dépendances

Grand jardin

Libre de toute occupation


Date de création : 13/02/2018 @ 15:53
Catégorie : Rubriques - Monuments historiques
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